Escalade : relation masochistes du chausson avec sont grimpeur
Le grimpeur et ses chaussons :
chronique d’une relation douloureuse mais terriblement fidèle
On dit que l’amour fait mal.
Mais ça, c’est parce que les gens n’ont jamais mis des chaussons d’escalade trop petits.
La vraie passion, la vraie souffrance, la vraie loyauté…
c’est entre un grimpeur et ses chaussons.
Une relation où la douleur n’est pas un problème.
1. La rencontre :
“Je vais te faire souffrir, mais tu vas m’aimer quand même”
Le grimpeur entre dans le magasin.
Il voit une paire de chaussons.
Ils ont l’air innocents, presque mignons.
Les chaussons, intérieurement :
« Approche. Mets‑moi. Je veux voir ton âme sortir par tes orteils. »
Le grimpeur :
« Ils sont beaux. Je les prends. »
Les chaussons :
« Excellent choix, victime. »
2. Le premier contact :
la douleur comme déclaration d’amour
Le grimpeur enfile les chaussons.
Son pied hurle.
Son cerveau panique.
Son âme quitte brièvement son corps.
Les chaussons :
« Voilà. Respire. Tu t’habitueras. Peut‑être. »
Le grimpeur :
« Pourquoi je fais ça ? »
Les chaussons :
« Pour grimper mieux. Et parce que tu es faible. »
3. La séance :
un mélange de performance et de torture médiévale
À chaque prise, les chaussons serrent.
À chaque appui, ils écrasent.
À chaque micro‑pied, ils murmurent :
« Tu vois ? Tu avais encore un orteil vivant. Pas pour longtemps. »
Le grimpeur grimpe, souffre, transpire, pleure intérieurement.
Mais il continue.
Parce que c’est ça, la passion.
4. La pause :
séparation temporaire, drame absolu
Le grimpeur retire les chaussons.
Ses pieds ressemblent à des raisins secs traumatisés.
Il respire enfin.
Les chaussons, vexés :
« Ah oui ? Tu me quittes déjà ?
Très bien. Je me rigidifierai encore plus pour la prochaine voie. »
Le grimpeur :
« Pitié… »
Les chaussons :
« Non. »
5. Le retour :
“Remets‑moi. Tu sais que tu en as besoin.”
Après cinq minutes, le grimpeur replonge.
Il remet les chaussons.
La douleur revient.
Plus forte.
Plus précise.
Plus… intime.
Les chaussons :
« Voilà. On est bien. Maintenant grimpe. Et souffre. »
Le grimpeur :
« Pourquoi je t’aime ? »
Les chaussons :
« Parce que je te rends meilleur. Et parce que tu n’as aucune dignité. »





