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Escalade : histoire d'amour entre la dégaine et sont grimpeur

​

La dégaine attachiante :

chronique d’une histoire d’amour verticale et complètement bancale


On dit que l’amour rend aveugle.


En escalade, il rend surtout accroché à un mur en train d’insulter un morceau d’aluminium.


Car la relation la plus intense d’un grimpeur n’est pas avec sa corde, ni avec ses chaussons, mais avec sa dégaine attachiante :


celle qui te sauve la vie…

et te pourrit l’existence dans la même seconde.

​

1. La rencontre :

“Je suis ta dégaine. Je te sauverai. Mais je te ferai souffrir.”


Le grimpeur la sort du magasin.


Elle brille.


Elle cliquette.

Elle a l’air sage.


La dégaine, intérieurement :

​

« Je vais te sauver vingt fois. Et te rendre fou trente fois. On va être heureux. »


Le grimpeur, naïf :

​

« Elle est parfaite. »


La dégaine :

​

« Ah ah. »

​

2. Le début de la romance :

 

elle te rattrape, tu tombes amoureux


Première chute:


Le grimpeur hurle.


La dégaine encaisse, Elle le sauve.
Elle le retient.

Elle le stabilise.


Le grimpeur, tremblant :

​

« Merci… tu m’as sauvé. »


La dégaine :

​

« Normal. Je suis géniale. »


C’est le moment où il s’attache.


Elle aussi.

Mais pas de la même façon.

​

​

3. Le problème :

elle se retourne au pire moment, juste pour exister


Le grimpeur clippe.


La dégaine se retourne.


Il reclippe.


Elle se reretourne.


Il transpire.

Elle jubile.


La dégaine :

« Je suis attachiante. C’est littéralement mon rôle. »


Le grimpeur :

​

« Mais pourquoi tu fais ça ?! »


La dégaine :

​

« Pour que tu ne m’oublies jamais. »

C’est sa manière de dire “je t’aime”.

​

​

4. La dispute :

​

“Je te sauve, et toi tu me ranges n’importe comment ?!”


Après la séance, le grimpeur la jette dans le sac.


Sans délicatesse.


Sans respect.

​

Entre un vieux t‑shirt qui pue et une banane écrasée.


La dégaine :

​

« Je t’ai empêché de mourir et tu me mets à côté d’un fruit en décomposition ? »


Le grimpeur :

​

« Je suis fatigué. »


La dégaine :

​

« Moi aussi. Mais je ne t’ai pas laissé tomber. Littéralement. »


Elle boude.

Elle se retournera encore plus la prochaine séance.

​

5. La réconciliation :  un vol, un cri, un pardon


Le grimpeur tombe.


Encore.


La dégaine le rattrape.

Encore.


Le grimpeur, ému :

​

« Je suis désolé. Je t’aime. »


La dégaine :

​

« Je sais. Et je vais continuer à me retourner. »


Parce que l’amour, c’est ça :

​

sauver l’autre, puis le rendre fou.

​

​

​

Conclusion : une histoire d’amour attachiante, mais indestructible

​

La dégaine est :

​

fidèle,

solide,

indispensable,

protectrice,

et insupportable.


Elle te sauve la vie.
Elle te teste les nerfs.
Elle te rend fou.
Elle te retient.


Elle t’aime.

À sa manière.


Bref :

la dégaine, c’est la seule relation toxique que tu ne quitteras jamais.

​

grimper libre

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